Tenir un journal en parallèle de la thérapie : quoi écrire après les séances
24 févr. 2026 · 3 min
La thérapie fait remonter des choses. Une séance peut nous laisser avec une pensée à moitié formée, une sensation qu'on ne sait pas encore nommer, ou quelque chose que le thérapeute a dit et qui continue d'atterrir. L'heure se termine, on part, et la vie reprend là où elle s'était arrêtée.
Un journal est utile ici. Pas comme substitut au travail, mais comme moyen de le prolonger.
Ce qui se passe dans l'espace entre les séances
Beaucoup de choses. La prise de conscience du lundi s'estompe avant le jeudi. Ce qu'on avait prévu d'aborder se retrouve enfoui sous la semaine. Le sentiment qu'on a presque touché en séance resurgit à 23h quand on essaie de dormir.
Écrire empêche les choses de disparaître. Quand on capture ce qui est apparu en séance, ou ce qui a émergé un mardi après-midi sans crier gare, c'est là quand on en a besoin. On peut le ramener la semaine suivante. On peut voir si c'est encore vrai.
Quoi écrire juste après une séance
Juste après, c'est souvent le meilleur moment. On écrit de quoi on a parlé, ce qui nous a surpris, ce qui a semblé juste et ce qui a semblé faux. Pas un résumé pour le thérapeute, juste ce qui continue à bouger en soi quand on sort.
Les choses qui étaient difficiles à dire à voix haute méritent souvent d'être écrites. Sans quelqu'un d'autre dans la pièce, la même pensée atterrit parfois différemment.
Trois questions qui font du vrai travail
Le modèle thérapie d'Innera comprend trois questions conçues pour cela. 'Quelle émotion est-ce que j'évite ?' est difficile à répondre honnêtement par la seule pensée ; l'écriture nous en rapproche. 'Un schéma que je continue de remarquer' est utile dans le temps : noter le même schéma trois semaines de suite dit quelque chose. 'Qu'est-ce que je dirais à un ami qui ressent ça ?' crée une distance qui rend souvent la vraie réponse visible.
Ce que ce n'est pas
Tenir un journal n'est pas un substitut à la thérapie. Ce n'est pas traiter un traumatisme seul. Si une séance nous laisse dans un endroit difficile, il est tout à fait possible de laisser le journal fermé et de simplement se reposer. On ne doit pas extraire du sens de chaque sentiment difficile.
Mais dans les semaines où la thérapie avance régulièrement, et où le travail se fait entre les séances autant qu'en elles, l'écriture est souvent là où une grande partie se réalise.